Pour qu'un roman nous tienne en haleine, il faut une langue, une langue qui n'a pas peur, qui épouse son sujet, qui lui donne corps, qui nous transporte, exactement là où les personnages sont, comme si nous y étions nous-mêmes, depuis des lustres, éveillés, avides, assoiffés. Uvaspina, le premier roman de Monica Acito, est une réussite en ce sens, une sorte de grand huit sous citron acide, reflets turquoise, soleil brûlant, rap italien à fond. Tout poisse le bord de mer lumineux et tragique, grande étendue limpide qui lave, depuis l'ouverture magistrale par la (fausse) mort de la mère, bonne femme fantasque désespérée et comédienne hors pair, jusqu'aux frasques de Minuccia, gamine insupportable, toupie colérique foudroyante, que le regard d'Uvaspina, garçon sensible, porte affectueusement du bout des bras. Des bras spaghettis, qui s'adaptent, s'étirent, s'allongent sans cesse pour tenter de pallier, d'entourer, à défaut d'étrangler... Des bras qu...